Archives de Catégorie: Méditations & Prières

Premiers livres de Vedanta en français de Swami Dayananda Saraswati

De nombreuses personnes nous demandent régulièrement si les livres de notre enseignant, Swami Dayananda Saraswati, ont été traduits et publiés en français.

Nous sommes heureux de vous annoncer que l’éditeur de Swamiji, Arsha Vidya Publications, nous a autorisé à publier en français une dizaine de titres de Pujya Swamiji.

 

Voici les trois premiers titres. Pour voir une description détaillée et les commander, cliquer sur les couvertures ou sur les liens mentionés ci-dessous.

Ouvrage de Swami Viditatmananda Saraswati:

Ce dernier titre est de l’un des disciples les plus anciens de Pujya Swamiji, Swami Viditatmananda Saraswati (Adhyatma Vidya Mandir, Ahmedabad, Gujarat) qui nous a aussi donné l’autorisation de publier un de ses livres en français :

Le matin, à l’aube, je contemple | E Store

 

 

REMARQUES :

a) Le paiement par carte est parfaitement sécurisé et l’expédition professionellement gérée ; en effet, Create Space est une filiale du groupe Amazon.

b) Si vous désirez commander plusieurs ouvrages, voici la manière d’ajouter successivement divers livres à votre panier.

Etape 1 – aller sur le lien du premier livre choisi

Puis cliquer sur ‘add to cart’ en bas de l’image du livre

Etape 2 – aller sur le lien du deuxième

Puis cliquer sur ‘add to cart’ en bas de l’image du second livre

Etape 3 – Répéter la même procédure pour ajouter un troisième et quatrième livre

Etape 4 – cliquer sur ‘Your cart’ en haut à droite pour vérifier la commande.

Puis cliquer sur ’check out’ et suivre les instructions.

b) Pour les associations qui désirent commander en nombre pour redistribution, merci de nous contacter pour obtenir un code confidentiel de remise (discount code).

Nous vous remercions de diffuser largement cette information autour de vous pour que ces premiers livres de Swami Dayananda en français puissent être enfin lus dans le monde francophone.

Avec toute notre amitié,
Surya et Neema

Surya Tahora et Neema Majmudar 

Vedanta,Découvrir ce qui est
http://www.discovervedanta.com/french/accueil.htm


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La vie peut être un rituel et l’univers tout entier l’autel…

Un poème simple et profond basé sur  l’enseignement de la Bhagavad Gita écrit par notre ami du Brésil,  Bharadvaja, qui a accepté de le partager sur ce blog.

En voici une (tentative de) traduction en français :

La vie peut être un rituel
L’univers tout entier l’autel

Chacune de nos actions, une offrande

Les évènements, un enseignement
Des opportunités de grandir

Etre en harmonie
Des pas, portés par les besoins de l’autre

La compassion, comme choix délibéré

Issu de la liberté qui nous a été donnée
Faire ce qui doit être fait, un défi de tous les instants

L’attitude appropriée
Un comportement conscient, accompagné de responsabilité

Nous pouvons alors tenter

De recevoir
Tous les fruits donnés, le résultat
comme étant sacré.

Vitor Arieira Harres (Bharadvaja)
Rishikesh, 04 Juillet 2009

En savoir plus :

La Série de Videos ‘L’enseignement intemporel de la Bhagavad Gita‘, sur Youtube (en anglais avec sous-titres français)

14. Gita II, 47- Le yoga de l’action

Tu disposes d’un choix au niveau de ton action mais pas au niveau des résultats de cette action

15. B.Gita- II,48- Accepter les situations

Comment recevoir les situations qui se présentent à nous avec grâce et les accepter avec sérénité?

16. B.Gita- III,9-L’action comme offrande rituelle

Vivre dans un univers interconnecté et lui apporter son unique contribution

Le site Vedanta, Découvrir ce qui est

[1] Article en format pdf ,  La vision du Vedanta

[2] Maturité & connaissance, L’ individu et le tout

[3] Maturité & connaissance, Comment la vie peut devenir un moyen de devenir mature & Etre en harmonie avec l’ordre éthique universel

[4] L’action et les résultats de l’action, Qu’est-ce que le karma yoga?

Accepter le passé (2)- Une méditation et prière par Swami Dayananda Saraswati

Pour faire suite à mon billet précédent sur le processus qui conduit à l’acceptation du passé, une nécessité soulignée par la psychologie et par toutes les traditions spirituelles, voici une seconde méditation et prière de Swami Dayananda Saraswati à ce sujet :

O Seigneur, je te demande de l’aide
Pour être capable d’accepter mon passé.
Le passé n’est pas le méchant de l’histoire,
Et ne doit pas être considéré avec mépris.
Le passé a fait de moi ce que je suis maintenant.

Chaque expérience était une source d’enrichissement.
Le problème ne vient pas du fait que j’ai un passé
Mais de ce que je me vois comme une victime du passé
Parce que je l’accepte pas.

Que cela devienne clair pour moi.
Je ne hais pas mon passé.

Dans la haine, il y a déni, rejet du passé. Je ne peux renier mon passé et encore moins le rejeter. Le passé est ce qu’il est, c’est un fait déjà accompli. Je ne peux absolument rien y changer, c’est un fait. Le problème est que lorsque je rejette le passé, lorsque j’éprouve du ressentiment envers le passé, je ne l’accepte pas.

Lorsque je me critique, je critique le passé. Cela veut dire que je ne l’accepte pas. Plus je vois que le passé ne peut pas changer, plus je me libère de mon ressentiment, ma rancoeur, mon animosité, ma colère, mes remords, mes regrets, etc.

Nous dépensons notre temps et notre énergie à éprouver de la colère contre le passé. Je demande de l’aide car c’est une chose de comprendre le passé mais une  autre d’être libre de tout ressentiment et de rancune envers lui. La prière agit car il y a soumission, reddition.

La prière est elle-même une action et son résultat s’appelle la grâce Je crée la grâce. Je n’attends pas que la grâce vienne à moi. Je l’invoque par la prière. La prière produit aussi un résultat parce qu’il y a une acceptation de mon impuissance dans la soumission.

Si je comprends comment je ne peux rien changer à mon passé, pourquoi se fait-il que je sois en colère ? Pourquoi ai-je tant de haine envers moi-même ? Pourquoi tant de critiques envers moi-même ? Je suis impuissant, isolé, seul, dépourvu de ressources. Mon effort, ma volonté entre en jeu dans la reconnaissance de mon impuissance et dans ma capacité à prier. Ma volonté est utilisée de manière réfléchie pour me soumettre. Dans cette soumission, c’est la volonté qui est soumise, et pour soumettre et suspendre ma  volonté, j’utilise ma volonté.

Il faut voir la beauté de la prière. II n’y a aucune méditation, aucun rituel, sans prière. Nulle technique ne peut remplacer la prière car dans toute technique, la volonté est toujours là. Ici, la volonté se soumet volontairement et cette soumission accomplit des miracles. Dans la soumission elle-même, il y a acceptation. Comprenez que dans la soumission, il y a acceptation du passé.

Je ne change pas l’esprit qui se critique lui-même. Je ne veux pas d’un esprit qui ne critiquera pas les autres ou moi-même. Ce n’est pas là le problème pour moi. Tout ce que je veux, c’est d’accepter cet esprit, de pouvoir accepter l’esprit qui se critique, se fustige, se juge lui-même.

Quand je dis que j’accepte mon passé, alors j’accepte les conséquences du passé. Le résultat du passé est l’auto-critique. J’accepte l’esprit tel qu’il est, les pensées telles qu’elles sont. Je n’ai pas peur de ce mental qui se juge lui-même, de ce mental qui se condamne lui-même. Je recherche la capacité d’accepter totalement ces pensées auto­critiques.

O Seigneur, aide-moi à accepter
Cet esprit qui se juge, se critique,
Se condamne et se lamente sur lui-même.

Aide-moi, je t’en prie.
Je soumets ma volonté
Car j’ai essayé d’utiliser ma volonté pour changer.

Cela n’a pas marché. Cela ne marchera jamais.
Alors, j’abandonne.

Je n’abandonne pas par impuissance,
Je m’abandonne à toi de manière réfléchie
Je m’en remets à toi
Je livre ma volonté dans tes mains.

Je n’ai aucune raison de désespérer.
Tout ce que je veux c’est d’accepter ce passé et ses conséquences.

Je ne tente pas d’éviter ces pensées auto-critiques,
Je ne cherche pas ta grâce pour les éliminer.
Donne moi Ta grâce pour accepter toutes ces pensées.

Pour aller plus loin

Quelques liens vers le site, Vedanta, Découvrir ce qui est:

[1] La maturité et la connaissance, Devenir un être humain mature

[2] La maturité et la connaissance, L’individu et le tout

[3] Article en pdf, La vision védique de Dieu

[4] Article en pdf, Entrer en relation avec Isvara

[5] Article en pdf, Tout sur la grâce

L’architecture de l’univers-Georges Smoot-TED

http://ted.com/talks/view/id/404

Pour afficher les sous titres en français, cliquer sur ‘view subtitles’ et choisir ‘French’. Pour voir la vidéo sur TED, aller au lien suivant.

L’astrophysicien, cosmologiste et Nobel de Physique Georges Smoot nous montre de nouvelles images étourdissantes issues d’études de l’espace lointain, et nous enjoint à considérer comment le cosmos – avec ces toiles d’araignées géantes de matière sombre et de vides béants mystérieux – s’est développé de cette façon.

La question qui devrait vous venir à l’esprit c’est […] quel type de processus créatif et quel type d’architecture ont produit un monde comme celui-là ?

On a donc un modèle, et on peut le calculer, on peut l’utiliser pour créer des structures auxquelles nous pensons que l’univers ressemble vraiment.

Georges Smoot on the design of the universe

Quand on voit toutes ces magnifiques images résultant de longues années de recherche, ces modèles et simulations (dont une a nécessité des milliers de processeurs à l’oeuvre pendant 30 jours) on ne peut que s’émerveiller devant la connaissance inimaginable qui se manifeste dans le processus de construction de l’univers et la curiosité insatiable de l’être humain qui parvient à dé-couvrir quelques unes de ses structures fondamentales.

Lire aussi sur ce blog

1. Un regard sur l’univers – Entretien avec l’astrophysicien Trinh Xuan Thuan

2. La nouvelle histoire de l’univers- Brian Swimme

3. Modern cosmology & Vedanta – Does the universe have a beginning?


Accepter le passé (1)- Une méditation et prière par Swami Dayananda

Accepter le passé. Se libérer du poids de notre passé et de son influence sur notre comportement dans le présent.  C’est là une nécessité soulignée à la fois par la psychologie et par toutes les traditions spirituelles. Mais comment mener à bien ce processus ?

Ce processus implique de revisiter patiemment, intimement les évènements de notre passé en y incluant les individus qui ont contribué à notre histoire personnelle. Il est mené à la lumière de notre compréhension de l’ordre, de cette intelligence et de ce pouvoir infini présent au sein même de l’univers, supportant et imprègnant tout être et objet.

En effet, le ‘grand ordre’ qui est manifesté sous la forme de l’ordre physique, biologique, physiologique, l’ordre du dharma et du karma, etc. et de leurs lois,  se manifeste également sous la forme de l’ordre psychologique. Cet ordre est présent au coeur de mes pensées, de mes émotions, de la manière dont je me comporte et interagis avec le monde extérieur. Plus je vois cet ordre en moi et en aussi en chacune des personnes qui ont eu une influence sur mon passé, plus j’accepte mon passé sans résistance, demandes ni attentes.

Il y a donc là un travail minutieux et immense, d’intégration, d’acceptation de tous les éléments qui constituent notre passé. Il est mené avec un regard bienveillant et objectif, un état d’esprit d’ouverture qui est capable d’accueillir les faits du passé tels qu’ils sont.

Voici une méditation traduite  de l’anglais de Swami Dayananda Saraswati qui nous donne quelques éléments pour initier ce processus:

Lorsque je dis que j’accepte le passé, de quel type d’acceptation s’agit-il ? Est-ce une acceptation avec réluctance, résistance, à contre coeur  ou avec du ressentiment ? Ou est-ce une acceptation simple et pleine ? Quand j’accepte avec ressentiment ou à contre coeur, mon attitude envers ce qui est accepté est différente. Lorsque j’accepte totalement, mon état d’esprit est différent. J’accepte avec résistance ou sans enthousiasme un travail qu’on m’offre et que je n’aime pas. Mais quand quelqu’un m’offre une fleur, je l’accepte pleinement, totalement avec gratitude et joie.

L’état d’esprit requis dans l’acceptation est celui qui est présent lorsque j’accepte joyeusement certains aspects de la nature, comme les montagnes, les arbres ou le ciel. Pour comprendre cet état d’esprit, cette disposition, imaginez un ciel bleu et clair ou un ciel nocturne éclairé par la lumière de la lune, les étoiles et les planètes, qui brillent et scintillent. Je ne veux pas que le ciel soit différent, encore moins les étoiles, la lune et les nuages qui passent. Je ne veux pas non plus être différent. Il y a une acceptation totale.

Dans ce cas, je suis totalement objectif; mes désirs, mes préférences et aversions ont disparu. Je ne blâme pas le ciel. Je ne condamne rien ; je suis totalement objectif. J’accepte ce qui est. Si je dois accepter mon passé, avec tous ces personnages, ces gens et ces situations qui composent mon passé, tous ceux qui ont joué un rôle dans la construction de mon passé, je les accepte comme j’accepte le ciel. Puis-je, avec ce même état d’esprit accepter toutes les personnes qui ont eu leur part dans mon passé ? Chacun a contribué à mon passé, à mes souffrances, à ma peine et à ma douleur.

Tout en reconnaissant leur contribution, je ne peux me permettre de blâmer aucun d’entre d’eux. Chacun a agi comme il ou elle l’a fait à cause de son passé, sa propre histoire personnelle. Nul ne pouvait faire plus que ce qu’il ou elle a fait. Enfant, je ne pouvais pas faire mieux non plus. En conséquence, j’accepte l’enfant en moi et mon interprétation de toutes ces situations. J’accepte totalement chacune des personnes concernées. J’arrive à recevoir, à accueillir ces personnes avec le même état d’esprit que j’ai quand je regarde un ciel limpide et bleu.

J’accepte ma mère, ses problèmes, ses attitudes, son manque de sensibilité avec le même état d’esprit. J’accepte mon père, ses problèmes, ses habitudes, sa colère et son manque d’attention. Je n’ai aucune difficulté à accepter leurs qualités. Mon problème est uniquement au niveau de leur manque d’attention et de sensibilité à mon égard.

Chacun est comme il ou elle peut être. Nul ne peut être plus que ce qu’il est. J’accepte le feu tel qu’il est, chaud. De même, objectivement, j’accepte mon père et ma mère, mes soeurs et mes frères.

Toutes les personnes qui sont entrées dans ma vie, contribuant d’une manière ou d’une autre et à un certain degré à ma souffrance, je les accepte toutes. Je le fais en sachant pleinement qu’elles ont chacune causé en moi un certain degré de souffrance. Je ne prétends pas qu’ils ou elles étaient des anges. Je ne dis pas qu’ils étaient bons envers moi. Je reconnais leur rôle dans ma souffrance. Dans le même temps, je les accepte objectivement pour ce qu’ils sont, mes maîtres, mes collègues, mes amis, mes flirts ; ils ont tous contribué à mes blessures intérieures à leur façon. Je les accueille, les intègre, les reçois en moi, un à un, avec le même état d’esprit que lorsque je regarde le ciel.

Mon état d’esprit n’est peut-être pas comparable à celui qui m’habite quand on m’offre une fleur. Je pourrai avoir cet état d’esprit plus tard, mais pour l’instant, ce que je veux c’est cette attitude avec laquelle je regarde le ciel, les montagnes, les arbres et les animaux à l’état sauvage. Avec une certaine objectivité dans mon regard, j’accepte chaque personne au fur et à mesure que je les évoque en pensée. Il y a là un processus patient, détaillé et exhaustif. Je n’oublie personne. Je ne condamne personne.

Une autre erreur commune est que nous nous condamnons nous-même. Je ne me blâme pas. Enfant, j’étais totalement impuissant et plus tard, en grandissant, souvent désemparé. La personnalité qui s’est formée dans mon enfance quand j’étais impuissant a continué d’interpréter les situations, me maintenant dans mon impuissance. Je ne suis donc pas à blâmer, et je ne veux pas non plus blâmer les autres. Je ne peux pas me permettre de les condamner.

O Seigneur, je prie pour que tu me donnes
Un état d’esprit qui accepte totalement
Chaque individu avec lequel j’étais en relation
Et qui m’a affecté.

Chacun est seulement
Comme il ou elle peut être.
Je ne blâme aucun d’entre eux

O Seigneur, donne-moi cet état d’esprit
Qui fera que j’accepte toutes ces personnes
Telles qu’ils étaient, telles qu’elles sont

Je ne veux pas changer mon passé
Parce que je ne peux pas le changer
Je ne peux pas changer des événements
Qui ont déjà eu lieu
Je ne peux non plus changer mes réactions.

Tout ce que je recherche, ô Seigneur
C’est un état d’esprit objectif
Puis éventuellement un esprit joyeux
Donne-moi un esprit objectif
Afin que je puisse accepter tous ces personnages
Qui ont joué un rôle dans l’histoire de ma vie
Quelle histoire !

Je ne peux pas changer le déroulement de cette histoire
Elle a déjà été mise en scène et jouée

O Seigneur, accorde moi d’avoir cette disposition d’esprit
Qui m’aide à revenir
Sur toute la suite d’évènements de cette histoire
Et sur chacun des acteurs
Objectivement
Avec humour et légèreté

Je ne veux changer aucun des événements
Parce que je ne peux pas les changer

Quand je blâme, je veux changer
Quand je me plains, je veux changer
Quand j’éprouve du ressentiment,
Je veux changer

O Seigneur
Donne­-moi l’état d’esprit
Qui acceptera tous ces personnages
Et la manière dont j’ai réagi à leurs actions.

Pour aller plus loin

Quelques liens vers le site, Vedanta, Découvrir ce qui est:

[1] La maturité et la connaissance, Devenir un être humain mature

[2] La maturité et la connaissance, L’individu et le tout

[3] Article en pdf, La vision védique de Dieu

[4] Article en pdf, Entrer en relation avec Isvara

[5] Article en pdf, Tout sur la grâce


Faire face à la mort – Naibedya 18 et 1, Rabindranath Tagore

Ces deux poèmes (en anglais) font partie d’un recueil de 100 poèmes, Naibedya, Dialogues avec le Seigneur du Coeur, de Rabindranath Tagore. Ce recueil a été traduit du bengali en anglais par Shailesh Parekh et publié par A Writers Workshop Saffronbird Book, 2002, Ahmedabad.  Ils évoquent en quelques mots profondément émouvants la manière dont l’être humain peut faire face à la mort en l’accueillant avec la conscience de la présence du Seigneur de la Vie et de l’Univers.

Naibedya 18

Today, you have sent a messenger of death to my door.

Carrying your invitation, he has crossed the ocean and come to this shore.

Today, the night is dark

and my heart is anxious with fear.

Yet, with a lamp in my hands,

I will open the door and greet him humbly.

Today, you have sent a messenger of death to my door.

With folded hands,

I will worship him with my anxious tears.

I will worship him

by offering the wealth of my heart at his feet.

Carrying out your command, when he returns,

leaving my morning dark,

I will sit in my vacant place and offer myself at your feet.

Today, you have sent a messenger of death to my door.

Naibedya 1

O Lord of my Life,

I shall always stand before you.

O Lord of the universe,

with folded hands, I shall stand before you.

Under your endless sky,

in solitude and humility in the heart

and tears in my eyes,

I shall stand before you.

In your bewildering and varied hued world,

on the shores of the ocean of action,

amidst all the people of the world,

I shall stand before you.

When my purpose in this world is served,

O king of kings,

without a word,

I shall stand alone before you.

Soleil et clarté de pensée: la Gayatri

 

 

Lever de soleil sur la terre-Nasa

Lever de soleil sur la Terre- Photo NASA

 

ॐ भूर्भुवः स्वः तत्सवितुर्वरेण्यम्‌
भर्गो देवस्य धीमहि धियो यो नः प्रचोदयात्‌।

om bhūrbhuvaḥ svaḥ tatsaviturvareṇyam
bhargo devasya dhīmahi dhiyo yo naḥ pracodayāt |

Om, la cause de tout l’univers, de la terre,

L’espace intermédiaire et les mondes au-dessus.

Cela est le plus adorable.

Nous invoquons cet Etre lumineux, connaissant tout.

Puisse-t’il diriger nos pensées dans la bonne direction.

Je pourrais prier pour tant de choses, comme le pouvoir, l’argent, un travail, une maison, etc. ‘O Dieu, donne moi ceci, et ceci, et aussi ceci, sans oublier cela…’ Ce serait une prière sans fin, car elle changerait sans cesse avec les circonstances. Il n’y a rien de mal dans cette forme de prière. Elle exprime notre sentiment d’impuissance face au monde, notre finitude en tant qu’individu, et de ce fait est pragmatique. Je demande de l’aide quand j’en ai besoin, mais à une entité, Dieu, que j’estime être capable de l’honorer. Et toute prière étant une action, produira des résultats, comme toute action le fait.

Mais y-a-t’il une prière qui serait plus fondamentale, qui engloberait cette forme de prière en la dépassant, dans une vision plus large? Une seule chose que je pourrais demander, et qui me m’accompagnerait tout le long de ma vie? Oui, c’est une prière pour la clarté de pensée. Pourquoi?

Parce que la vie consiste en différentes situations auxquelles nous devons faire face. Dans chacune des situations de ma vie, je dois faire des choix et prendre des décisions. La vie peut être ainsi vue comme une série de décisions.

Au niveau de mes désirs et de mes actions, que dois-je décider de poursuivre et que laisser de côté? Quelles sont mes priorités? Sur quels critères dois-je baser mes choix? Car souvent, les choses ne sont pas si claires, mais grises, ni parfaitement blanches ni noires et je peux être confus ou embarrassé dans certaines situations.

Au niveau des résultats de mes actions, où les situations qui se manifestent devant moi, comment vais-je faire la différence entre les situations que je peux changer, en utilisant ma volonté et mes efforts, et les situations que je ne peux changer et dois accepter, ou qui peuvent m’apprendre quelque chose pour grandir?

Le sens premier de cette prière, la Gayatri, peut être exprimé en ces termes: ‘Puisse cet Etre, la cause de toute chose, éclairer nos esprits et nous permettre de penser justement; puissions-nous avoir une pensée claire et lucide, puisses-Tu nous aider à sortir de notre confusion et notre subjectivité pour que nous puissions prendre des décisions appropriées dans nos vies.’

Une fois que cette objectivité devant ce qui est, cette clarté de pensée, est présente, il m’est possible de vivre pleinement, de manière efficace, dynamique et intelligente. Cette clarté, ou la recherche de cette clarté, devient par là un élément fondateur et intégrateur de ma vie.

Mot à mot: (d’après Swami Dayananda Saraswati)

Om : Om est un des noms pour Cela d’où provient toute chose, par quoi tout existe, et en quoi tout se dissout. Il signifie aussi de manière plus personnelle Celui qui soutient et protège cet univers et qui est la source de toute grâce.

bhūrbhuvaḥ svaḥ : qu’est ce que cet Om ? Il est manifesté sous la forme de toute chose. Om est bhuḥ, la terre, Om est bhuvaḥ, au-dessus de la terre et Om est suvaḥ , tout ce qui est en dehors de la portée de notre perception, tout ce qui est au-delà de la pensée, qui nous est inconnu.

Om est sous la forme de ces trois mondes; Om soutient, imprègne, est présent au sein même de toute chose. En vérité, rien dans l’univers n’est séparé de Om. Tout ce qui est ici, le monde physique, le monde subtil et le monde non manifesté ou causal est Om.

dhīmahi– nous prions, nous invoquons, nous méditons sur. Cette prière est à la première personne du pluriel. Pourquoi? Car notre bien-être en tant qu’individu dépend du bien-être des autres. Cette prière inclut donc tous les êtres humains qui sont autour de nous.

tat vareṇyam– cet Om, tat, est vareṇyam, le plus adorable, le plus vénérable, celui qui doit être invoqué et dont la grâce doit être recherchée.

devasya savitur devasya, un être lumineux, comme le soleil qui resplendit de lumière, savituḥ, où les ténèbres (l’ignorance) sont absentes, car Il est cette intelligence, cette connaissance de la totalité présente partout.

On peut aussi dire que devasya, est l’Etre lumineux qui est manifesté sous la forme du soleil, savitu , et qui fait que le soleil est ce qu’il est. Le soleil étant au coeur du système solaire, il peut représenter par extension ce qui fait que le cosmos est ce qu’il est dans son immensité, sa complexité et sa beauté, des super amas de galaxies, des étoiles, aux quasars, trous noirs, etc.

yaḥ bharga naḥ dhiyaḥ pracodayāt yaḥ bhargaḥ , celui qui est resplendissant, qui brûle l’obscurité, écarte la confusion et l’ignorance– pracodayāt, puisse-t’Il illuminer, guider dans la bonne direction–naḥ dhiyaḥ, nos esprits

Notes :

La Gayatri a d’autres significations, plus profondes encore, qui s’ouvrent au fur et à mesure que l’on étudie les Upanishads et la Gita. Certaines de ces significations ont été évoquées brièvement dans le paragraphe détaillant le sens de chacun des mots de cette prière. La nature de Celui qui est invoqué est notamment introduite dans la première partie de la prière. Comme les Upanishads nous le montrent, tout ce qui est ici, cet univers n’est pas un ensemble d’entités aussi réelles et tangibles que nous le croyons. Tout peut être réduit, par un examen méthodique et systématique de leur réalité, à cette connaissance et ce pouvoir infini. La cause de l’univers, qui est à la fois cet immense pouvoir créateur de projeter tous ces noms et formes en changement constant, et cette immense intelligence à l’oeuvre au sein de toute chose, est présente en toute part dans l’univers. Tout comme l’argile est présente en, et pénètre de toute part un pot en argile.

Le mot vareṇyam signifie aussi Cela qui doit être choisi, et plus spécifiquement choisi d’être connu. La vérité est qu’Isvara ne fait qu’un avec moi, tu es cela disent les Upanishads, sous la forme d’une équation entre l’individu et la cause de l’univers. Je dois choisir de comprendre cette équation telle qu’elle m’est révélée par le Vedanta.

La prière devient une prière pour obtenir la connaissance, la clarté ultime, la vision de la réalité de ce qui est, sous la forme de la compréhension de cette identité :

‘Donne-moi Ta grâce pour que je puisse réfléchir en profondeur, contempler la nature de la cause de l’univers et de moi-même. Que je puisse voir clairement la non différence essentielle entre Toi et moi, tout comme la vague (l’individu) et l’océan (la cause de l’univers) ne sont rien d’autre qu’eau (Brahman, l’Un illimité, la réalité absolue).’

Pour aller plus loin, liens vers le site Vedanta, Découvrir ce qui est :

[1] Deux articles en format pdf, Faire entrer Isvara dans notre vie, Entrer en relation avec Isvara

[2] Maturité et connaissance, L’individu et le tout